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M.Chat

m.chat

L'éternel sourire du chat perché

Traversant le parvis un jeune homme s’arrête, se retourne pour regarder les toits de la ville. Il porte dans son sac une série de bombes de couleur. Il fixe un instant un point donné sur un mur, puis sourit. Il reconnaît son chat et sa belle couleur jaune qui le contemple du haut des toits. Il est arrivé il y a peu de temps d’Orléans, où il reproduisait déjà l’animal sur les murs. En arrivant à Paris, il a choisi de continuer à reproduire ce motif, son motif.

M.Chat est apparu sur les murs à l’heure où le Street-Art célébrait ses premières figures à l’orée des années 2000. Rapidement propulsé sur le devant de la scène, notamment grâce à sa rencontre avec Chris Marker pour le film Chats Perchés, il est devenu au fil du temps une des grandes figures de l’Art urbain français. Aujourd’hui, son personnage est devenu une figure iconique de la rue, et son large sourire bienveillant contemple les passants, le plus souvent du haut des toits. 

Parcours

Quand as-tu commencé à peindre ?

Quand j’avais 16 ans je ne savais pas ce que je voulais faire. J’étais au lycée Benjamin Franklin à Orléans et, après une seconde générale, je me suis orienté vers une première spécialisée en électromécanique. J’y ai appris toutes les techniques industrielles de base, qui permettent de travailler en usine ou comme tourneur fraiseur. C’est à ce moment-là que j’ai fait la rencontre de Michael Gaigné avec qui j’ai créé un groupe de graffeurs qui s’appelait les CP. Pour moi cela signifiait ne pas trop se prendre au sérieux, pour lui « Criminal Power ». Nous avons commencé à taguer dans notre lycée, puis dans le lycée voisin, pour petit à petit développer un Graffiti de province occasionnel. C’était le début des années 90.

Comme j’aimais dessiner, mes parents m’ont inscrit aux cours du soir des Beaux-Arts. C’était amusant de faire des nus, cela impressionnait les potes. Le lycée Gaudier-Brzeska a d’ailleurs gardé les fresques que j’avais faite à 16 ans. Une de mes tantes me dit alors de m’inscrire aux Beaux-Arts, je réussis l’examen mais je dois pour y entrer obtenir mon bac que je révise en quinze jours pour décrocher une moyenne de 11,3 ! J’y étudie pendant six ans, à une époque où subsiste une division Beaux-Arts/Com, qui depuis s’est changé en une spécialité design. Il y avait beaucoup d’élèves et d’enseignants parisiens qui ne réussissaient pas forcément et qui venaient à cause de la distance. Moi, je n’avais pas compris comment je devais valider : je n’étais pas diplômable après toutes ces années et j’ai fini par aider les autres étudiants à avoir leur diplôme. Je n’étais conscient de ce qu’il fallait que je fasse pour moi. Cela peut s’appliquer au Chat : j’ai une assise et je ne suis plus un débutant, mais je m’interdis d’en être conscient.

 

Pourquoi avoir fait le choix du Street art ?

Quand j’ai commencé le Street art n’existait pas. Ce n’est donc pas un choix mais une réalité qui fait qu’avant l’apparition du Chat je faisais du Graffiti. M. Chat apparaît en 1997, à une époque où l’on passe du Graffiti au post Graffiti qui est la jonction avec le Street art. L’apparition de mon personnage prend forme à cette période. Je me suis demandé lorsque j’étais aux Beaux-Arts ce que je pouvais faire de différent, car il y avait alors beaucoup de graffeurs. Nous sommes alors au début du logotype, avec des gens qui créent des personnages, ce qui leur permet de faire de plus longues carrières que ceux qui font du lettrage, un art spécialisé mais de niche. Le Street art apparaît en 2000. Cette nouvelle forme d’Art vient d’Internet qui permet son éclosion. Quand dans Chats perchés Chris Marker parlera du 11 Septembre, il posera un marqueur historique pour définir cette période, ou plutôt ce changement de période.

LA NAISSANCE DU CHAT

D’où vient le personnage de M. Chat ?

Quand j’étais étudiant je donnais des cours de dessin à des petits. Le Chat apparaît un jour à travers le croquis d’une petite fille. Je la prends en photo avec son dessin pour valoriser son travail. Avec mon copain, nous nous sommes mis à le reproduire exactement sur les murs: son aspect Art brut me plaisait. Cela changeait aussi de mon style de graffeur : si en général ces derniers recherchent la ligne parfaite, j’avais plutôt un style de flopper, me laissant entraîner par le mouvement. A l’époque où je commence à dessiner le Chat j’ai avec deux amis un collectif qui s’appelle Beyrouth. Un des deux était typographe sérigraphe, très bon pour choisir les couleurs. C’est d’ailleurs en repeignant la cuisine avec des teintes qu’il avait choisi qu’on a trouvé le jaune qui allait être celui du Chat. Par la pratique je suis passé du dessin de cette petite fille pour arriver à mon chat actuel.

 

Comment le décrirais-tu sur le plan graphique ? Quand Chris Marker en parle il le compare aux fenêtres Rosta, les grandes affiches de propagande soviétique, à la fois très simples et très puissantes.

Quand on voit le personnage de M. Chat il paraît tout simple, mais il est en réalité très réfléchi. Au niveau géométrique il constitue une agglomération de symboles : le cercle par exemple représente l’unité. Ruedi Baur est un typographe qui tente de comprendre comment on en est arrivé à l’écriture. Les lettres ont toutes des versions archaïques : ainsi, en passant par la transformation des formes, la typographie va pouvoir raconter l’évolution de l’humanité. Je me suis rendu compte que j’étais fasciné par le cercle. J’ai par exemple racheté à un homme qui peignait comme calligraphe dans la rue son unité de travail parce qu’elle avait cette forme.

J’aime bien l’idée d’un inconscient que je reproduirais de façon mécanique et sur lequel je projetterais ensuite une certaine bestialité, une forme d’abstraction un peu sauvage. Je m’enferme dans ce style mais je crois qu’il y a pourtant de la matière derrière les tableaux. Si l’on prend le motif de la main du Chat, elle est à la fois une référence à Miró qui signait avec sa main, mais aussi une évocation de l’enfance, car son apposition sur la toile est le premier geste qui veut dire « j’existe ». Il peut parfois y avoir des touches impressionnistes ce qui donne un résultat étonnant, à mi-chemin entre la peinture classique et la bande dessinée. Mais ce mélange définit mon style. Cela répond aussi à la question qui est : pourquoi dessiner inlassablement ce personnage ? Parce que je le trouve intellectuellement parfait.

Quelles sont les inspirations artistiques et populaires du personnage ? On pense au Cheshire Cat d’Alice aux pays des merveilles mais aussi au Maneki Neko, le porte bonheur japonais.

Au début le Chat ressemblait à un petit souriceau sorti des Cités d’or avec les moustaches du personnage d’André. On retrouve aussi les références citées, ainsi que le disque solaire du dieu Râ chez les égyptiens. Dans l’esthétique, même si certains tableaux semblent très commerciaux et emploient un style pop et cartoonesque pour se rapprocher du dessin d’illustration, on peut aussi y retrouver un choix de couleurs complémentaires qui vont s’opposer pour créer un fort contraste visuel. En reprenant le style de Keith Haring, je mêle le jaune, le rouge et le bleu pour créer des contrastes électriques.

M.Chat s’est développé partout, mais que symbolise-t-il ? On voit notamment dans Chats perchés le personnage apparaître dans des manifestations, supposant un éveil de conscience politique.

Le personnage du Chat est pacifique mais aussi attentif. Il a une position d’intellectuel. Je ne le définirais pas comme politique car ce mot évoque pour moi des structures de pensée que je retrouve pas dans mon Chat. Je préfère le terme citoyen. Quand j’étais étudiant je rêvais de révolutions et j’ai pris part à des manifestations, mais la violence et les enjeux n’étaient pas les mêmes, et n’avaient pas encore la dimension mondiale qu’ils ont aujourd’hui. Mon personnage a suivi mes pas en devenant citoyen et en participant à ces mouvements populaires. Il représentait cette volonté de changer le monde, mais sans forcément avoir de solutions. En descendant dans la foule il se rapproche des autres humains. Ainsi, il est très symbolique de le voir acquérir des ailes.

Penses-tu parfois que ton personnage est une limite dans ta production artistique ? Existe-t-il une confusion entre Thoma Vuille et M.Chat, entre l’artiste et le personnage ?

Il y a une confusion entre mon nom et le Chat, mais pour moi il constitue mon travail, pas mon identité. Certains le voient comme un surnom, mais ce n’est pas mon nom. Peut-être qu’à un moment donné je voudrai faire une peinture qui me ressemble un peu plus et je redeviendrais Toma Vuille. Mais je n’ai pas envie de gérer mon Chat comme une entreprise, ce n’est pas ce que je souhaite. J’ai cette possibilité d’osciller entre le monde amateur et celui des professionnels et c’est ce qui me plaît.  Je pense que je pourrais peindre autre chose, mais comme je suis attentif au désir des gens, je continue de réaliser ce qu’ils souhaitent alors que je ne sais pas si je le ferais moi-même autrement. Si à un moment je changeais radicalement de style, peut-être que les gens ne suivraient plus.

Chats perchés, une rencontre avec chris marker

Tu apparais dans le dernier long-métrage de Chris Marker, Chats perchés. Quelle a été ta vision de ce projet?

Ce qui est fort dans ce film c’est qu’il s’agit d’une oeuvre de fin de vie. Avec toute la retenue qui le caractérise, j’ai l’impression que Marker se remémore un peu sa période étudiante au travers de M.Chat. Il a une envie de changer le monde et de le marquer qui correspond à une vision de la jeunesse. Peut-être aussi qu’il avait une idée fantasmée de l’artiste derrière le Chat, une jeune Catwoman… A un moment du film on assiste à la rencontre M.Chat/Guillaume-en-Egypte – l’avatar de Chris Marker – qui soutient mon personnage et préfigure la rencontre des personnalités à venir. Le documentaire, qui jusque là portait une volonté d’évasion et de poésie semble alors revenir dans le monde des responsabilités et des manifestations. Mon Chat va prendre consciences des réalités du monde comme la guerre ou le Sida. La fin du film entraîne Chris Marker dans ce qui semble être une réflexion sur sa propre mort lorsqu’il filme les enterrements de Marie Trintignant ou du professeur Léon Schwartzenberg. 

Chats perchés est aussi un témoignage de la France du début des années 2000. Quand as-tu eu connaissance du projet ?

Le documentaire peut être vu comme une biographie poétique qui parlerait de tous les âges de la vie. Marker pouvait se permettre cela. On peut considérer que le film, sorti en 2004, a été tourné entre 2001 et 2003. On est alors en plein dans ce moment de bascule, une période qui se poursuit toujours aujourd’hui. Marker était obsédé par la Troisième Guerre mondiale, qui était pour lui une sorte de monde globalisé dans lequel des zones de très grande violence sont liées à des ruptures sociales fortes. Environ un an avant la sortie, un copain m’a parlé de ce projet pour lequel j’ai fourni une partie des images. J’ai rencontré Chris Marker à la fin du film et je fais partie des chanceux qui peuvent mettre un visage sur ce nom. Je crois qu’il m’a soutenu parce qu’il fallait qu’il aide le Chat, et qu’il aimait l’idée que quelqu’un dessine des sourires partout dans la rue. J’étais alors en attente de quelque chose et sa rencontre m’a permis de passer un palier.

Lors de la rétrospective que lui a consacré le centre Pompidou, tu as pu dessiner un Chat gigantesque sur le parvis. Est-ce que cette performance t’a fait devenir un artiste plus institutionnel ?

Ce Chat géant était institutionnel. Grâce à Marker, j’ai connu une importante exposition médiatique, et j’ai réalisé d’autres grands projets, dont on se souvient mal car il n’y avait pas la même audience pour le Street art à l’époque. En même temps je n’y allais que lorsque j’étais demandé et sans trop de prétention. Avec le recul, je réalise que j’ai été à cette période en contact avec des ingénieurs culturels et des conservateurs, ce qui m’a donné un côté institutionnel. Néanmoins, je suis rapidement resté sur des projets à dimension humaine, en ne réalisant que par à coup des projets avec le secteur public. J’ai par exemple collaboré avec Francis Bueb en Bosnie lorsqu’il dirigeait le centre culturel André Malraux. J’ai pris l’habitude de travailler avec des personnes plutôt qu’avec des institutions, car c’est en faisant des rencontres que j’aime avancer.

ENTRE street art et graffiti

La prise en considération de l’Art urbain a évolué très vite à la fin des années 90 : on est passé en quelques années du tagueur à l’artiste.

Dans le domaine de l’Art urbain je fais partie des chanceux. Le tag est devenu has been: il pouvait être auparavant considéré comme un acte émancipateur mais aujourd’hui il renvoie à une publicité décalée dans l’espace public. C’est une arme un peu révolue. Le Street art est mieux toléré, car il peut embellir les rues et ne perturbe que gentiment cet espace. Un dialogue s’est créé avec cette forme d’Art, qui n’existe pas avec le tag. Ces deux mondes cohabitent désormais avec deux esprits différents. Mais ce changement de considération est aussi lié au marché. Il y a un respect du public pour ce qui est coté car il ne sait pas sinon juger les oeuvres, et séparer ce qui est ou non de l’Art.

 

Comment se manifeste cette opposition entre Street art et Graffiti ?

Cette opposition se retrouve à plusieurs niveaux : il y a une violence quasi anarchiste dans le Graffiti qu’on ne retrouve pas dans le Street art qui est plus démocratique. La reconnaissance s’y fait notamment en attaquant les œuvres des autres, ce qui est le cas avec mon Chat qui est vandalisé régulièrement maintenant qu’il est devenu une référence. On appelle “toyage” cette forme de dégradation : c’est une provocation. Cela dépend aussi de ta légitimité dans la rue : celle que j’ai aujourd’hui à Paris n’existait pas il y a dix ans. Une autre différence se situe au niveau des techniques utilisées : alors que le Graffiti utilise le bombage, le street art va utiliser le collage, la déformation, le pochoir, qui sont des techniques un peu plus élaborées. Il y a aussi une différence de public : le graffeur fait ça pour ses potes, il revendique son appartenance au groupe pour avoir une reconnaissance en interne. Le street artiste a conscience du spectacle, il sait qu’il peint pour être vus par des gens qu’il ne connaît pas. Cela change complètement la logique.

Existe-t-il une lutte de territoires? Sais-tu que tu ne peux pas toujours peindre à certains endroits ?

Je ne pourrais pas peindre sur des bâtiments religieux, mais ça ne me dérangerait pas de peindre sur le Louvre. Cependant je trouve que peindre de façon brutale sur un mur n’a pas de sens.  Il faut prendre position d’un endroit sans le dégrader, en l’honorant. Au quotidien par contre il y a une vraie lutte de territoire. Tous mes murs accessibles et emblématiques ont été attaqués. Je réussis à tenir mon dessin à l’Écluse parce qu’il est historique. Pourtant je passe la majeure partie de mon temps à nettoyer mes murs, et comme je ne suis pas méchant, beaucoup de monde essaie de venir me marcher dessus. Dans ce cas-là le jeu consiste à repeindre et repeindre pour tenir le plus longtemps. Il y a une certaine partie des graffeurs avec laquelle il est impossible de raisonner et qui peuvent être violents car ils n’aiment pas les Street artists et l’argent qu’ils se font avec leur travail.

 

Comment choisis-tu tes lieux ?

En général quand il s’agit de murs qui ne sont pas dans la rue, je choisis ceux qui sont à l’abandon ou sur le point d’être détruits. Par exemple en marchant sous un pont récemment j’ai eu envie d’y peindre parce qu’il y a une place à prendre, un endroit qui n’est exploité par personne, où je n’ai pas besoin de « caution ». Les zones de 45 degrés d’angle sont intéressantes car personne ne va s’y installer. Le mur dont je parle m’intéresse car il est proche du marché des fripiers, dans un entre-deux au croisement du XVIIIe arrondissement de Paris et Saint-Ouen. Mais de plus en plus, quand je suis en famille, je ne fais que repérer les murs sur lesquels j’aimerais peindre. Le simple fait de visualiser mon Chat à cet endroit me suffit, c’est presque du Street art conceptuel. Désormais je n’ai plus besoin de m’ancrer dans la rue, je peux créer plus facilement sur toile.

m.chat et l'évolution d'un courant artistique

Où se place ton personnage dans cette évolution du Street art ?

M.Chat profite de l’évolution du street art, même si je reste personnellement attaché au Graffiti. Aujourd’hui il y a une économie qui s’est développée autour du Graffiti et de l’Art urbain qui permet d’en faire un métier alors qu’avant c’était impossible. Ce qui embête ces premiers graffeurs, c’est de voir quelles difficultées ils ont eu alors que ma génération en a récolté les fruits. Un artiste comme JR sort de nulle part pour ces personnes-là. On a l’impression qu’au travers de ses rencontres il est presque devenu l’artiste d’un état globalisé, comme le montre la dimension qu’il a prise avec la pyramide du Louvre. Moi je préfère rester à ma place, plutôt que d’aller dans un costume qui n’est pas fait pour moi.

Existe-t-il une logique de filiation dans l’Art urbain?

La peinture est un Art qui te permet de t’améliorer par le travail. Quand tu développes une cosmogonie autour de ton univers tu peux attirer des personnes qui se mettent à te suivre. Je n’ai pas un message dominant, mais j’ai une indépendance qui fait que je ne suis pas un suiveur, même si j’ai un peu suivi JonOne. On peut trouver un sens dans mon travail même s’il ne crée pas une révolution de pensée. Si le Chat n’avait pas marché, on aurait pu réaliser une série de personnages avec un copain, car l’idée de bosser à plusieurs avec chacun son unité propre me plaisait. Mais le Graffiti offre une autre forme de filiation : quand un nom tombe, ou qu’on veut se mettre dans le sillage de quelqu’un, on peut reprendre son nom. Ainsi je suis suivi par des Chats 2.

 

Que signifie pour toi être artiste à notre époque ?

Aujourd’hui on peut être mille artistes. En quoi cela reste-il cohérent, ou ne témoigne-t-il que d’une suite d’opportunités ? Ce qui me sauve c’est de me dire que je ne suis pas professionnel. Je pense qu’aujourd’hui il faut être ouvrier de l’Art. Quelqu’un qui va être plein de bonnes intentions va se faire rejeter si le public ne l’attend pas.  C’est trop risqué d’exposer ses tripes. Je pense que ce côté très personnel est périmé, d’autant plus que je ne crois pas qu’il existe encore des génies de nos jours. La peinture traditionnelle est de l’ordre de la relique, les artistes torturés ne sont plus, nos modes de vie se rapprochent. Les gens attendent un savoir-faire, une rigueur, une image propre et jolie. Pourquoi refaire ce qui est déjà fait ? Etre artiste c’est être capable de produire vite sans se mettre dans un état de transe. Les artistes qui dominent aujourd’hui sont capables de monter une exposition en trois semaines, ce qui fait la force de leur production. Le dernier à avoir réalisé des coups est Jeff Koons, c’est-à-dire un magicien de la finance devenu magicien de l’Art

Pour moi tout le monde est artiste, c’est-à-dire un être humain capable de s’exprimer. Tout le monde devrait pouvoir l’être pour pouvoir s’échapper. On a des moyens techniques qui permettent à n’importe qui d’avoir une production artistique. Mais qu’est ce qui rend cette production de qualité ?

Retrouvez M.Chat sur son site internet, sur Instagram @m.chat_official et @terrain_minet_mrchat et sur sa page Facebook.

Photographies: Droits réservés.

Entretien enregistré en juillet et août 2016.

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